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Nos félicitations à Olga Kouzmina (15 ans), lauréate du Concours Européén de langue française organisé par l’AF de Paris en partenariat avec la Fondation Hachette.Ce concours a été créé en 1954 pour récompenser de jeunes francophones et jouer un rôle nécessaire dans la construction européénne. 39 pays sont conviés à participer à ces épreuves. Le prix du concours? Un voyage à Paris du 7 au 16 juillet 2000. Ce fut une rencontre de 80 jeunes gens et jeunes filles appartenant à 39 nationalités et dont la langue de communication était le français.
Nous sommes sûrs que Olga témoigna de la bonne formation reçue à l’AF et représenta parfaitement la jeunesse francophone de Saint -Pétersbourg. Vous pourrez vous en assurer d’après la lecture de sa dissertation publiée dans ce numéro.
«Si j’étais Président», c’est le rêve de plusieurs adolescents ambitieux. Pourtant, si on me demandait de faire un portrait du président, je dirais qu’il doit être audacieux, bien cultivé, réfléchi et prudent, équilibré et pondéré. Et j’y ajouterais encore un trait que je crois être le principal: le président doit se rendre compte qu’il est à la tête de l’Etat et qu’il possède un pouvoir à peine mesuré par la Constitution.
Cependant, l’image du président change. Il n’y a pas longtemps, les Finlandais ont élu une présidente. Et madame Halonen n’est pas l’unique. On trouve des exemples de femmes au pouvoir dans l’histoire de la Norvège, du Pakistan, aussi bien qu’en Grande – Bretagne ou en France. Cela prouve qu’une femme peut, aussi bien qu’un homme, assurer les plus hautes fonctions d’un pays moderne.
Et moi aussi, je pourrais tenter ma chance. Je m’entourerais de bons ministres et de conseillers, car je comprends qu’une Présidente ne peut pas être compétante en tout point. Et pour obtenir de meilleurs résultats, je ne commencerais pas par me faire batîr de belles résidences, mais j’accorderais mon attention aux maux du pays. Je serais proche des simples gens pour qu’ils me fassent part de leurs problèmes qui pourraient être sans doute résolus. J’essayerais de gagner la confiance de mon peuple. Actuellement, dans notre pays, on peut distinguer «deux camps» d’électeurs: ceux qui sont plutot intéressés par la vie publique et qui veulent agir face aux problèmes, et ceux qui se méfient des problèmes d’Etat, expliquant ce phénomène comme manque de choix. Je trouve cette situation peu favorable à la vie politique.
Moi, en tant que Présidente, je suivrais bien les articles de presse et les reportages à la télévision afin de réduire la quantité de mensonge, car l’information érronée peut déboussoler les citoyens. De cette façon je ferais comprendre que participer à la vie politique est un droit fondamental et le devoir majeur de chacun.
Premièrement, je tâcherais d’attirer des investissements étrangers dans l’économie de mon pays. On créerait de nouvelles entreprises et on y embaucherait ceux qui sont au chômage. Par conséquent, le nombre de chômeurs irait décroissant et le niveau de vie s’améliorerait.
Ensuite, je m’occuperais du règlement du conflit en Tchétchénie. C’est en 1991 que Eltsine, occupant le poste de président , y a envoyé des armées nombreuses pour démentir l’indépendance de Tchétchénie, faite par Doudaiev. Malheureusement, la première étape a été suivie par celle de 1999. Les conséquences de cette guerre sont déplorables: les habitants de l’Ex-République restent sans travail, sans argent, sans abri, sans proches. Quant à la Russie, on doit avouer que dans chaque ville on trouve de nombreuses tombes des victimes de cette guerre. La tragédie a touché de nombreuses familles, y compris la nôtre. Mon cousin y a été tué à l’âge de 18 ans. C’est pourquoi, je crois qu’il faut faire tout possible pour terminer ce conflit. La Russie pourrait bien accorder l’indépendance à la Tchétchénie, même si cela prive notre pays de plusieurs ressources naturelles.
Et quand j’arriverais à terminer cette guerre et à faire monter le niveau de vie des gens, mon Etat pourrait prétendre à devenir un des pays de l’Union Européenne. Je sais que le but de cette Union est d’apporter la prospérité et la paix à tous les pays qui en font partie. Le long de l’existance de cette alliance, l’Europe a créé un marché international. Et si les industries se développaient bien, on pourrait livrer la production sur ce marché sans frontières. Encore un atout de cette Union: elle permet d’éviter les conflits: aujourd’hui, on ne peut plus s’imaginer une guerre entre la France et l’Espagne. Et je souhaiterais la même situation pour mon pays. Le soutien mutuel y joue aussi un grand rôle: si un pays traverse une crise économique, les autres pourraient l’aider.
Après, je me concentrerais sur la vie sociale.
Comme je fais partie de la jeune génération, les problèmes des adolescents me sont proches: le tabac, la drogue, le Sida, y ajoutant l’illétrisme et les problèmes avec les parents.
Avant d’aborder tous ces problèmes, je réaliserais la réforme scolaire: j’adapterais le système de «plusieurs filières» pour les étudiants des grandes classes. On envisagerait aussi un bon équipement dans chaque salle d’étude: télévisions, magnétoscopes, ordinateurs.
Compte tenu de tous les problèmes que j’ai déjà cités, je rendrais les cours de psychologie obligatoires à l’école secondaire, afin de réduire au minimum le risque d’être touché par les drogues ou le Sida. Et pour intéresser les jeunes, on fonderait des clubs d’amateurs d’ordinateurs dans chaque arrondissement, on ferait plusieurs pistes et terrains pour les rollers et les ciclystes.
Après m’être préoccupée des problèmes des jeunes, je me concentrerais sur ceux de la société en général. Vu que la santé reste toujours la valeur prépondérante, j’adapterais un nouveau système de Sécuruté Sociale. Je ferais payer des cotisations à ceux qui travaillent. Ces cotisations seraient proportionnelles au revenu, c’est-à-dire, les sommes versées par les cotisants seraient différentes. Les citoyens seraient remboursés en cas de maladie ou d’un accident inattendu. Les retraités seraient priviligiés aussi. Leur retraite serait satisfaisante pour vivre, et vivre bien. Le manque de moyens est trop présent aujourd’hui: on voit beaucoup de gens qui ne peuvent pas se permettre de bons médicaments ou une hospitalisation dans une clinique équipée d’un outillage éfficace.
Ce problème est surtout celui des retraités. Par exemple, ma grand-mère est asthmatique depuis plus de dix ans, mais on ne peut rien faire. Les médicaments qu’elle peut s’acheter sont plutôt médiocres, et l’hospitalisation coûte une fortune! Mais déjà pour ces cachets qui lui sont indispensables, ma grand-mère doit verser une bonne moitié de sa retraite. Il ne lui reste qu’une petite somme, mais elle doit payer son logement, l’alimentation. Et elle n’est pas la seule à vivre dans de pareilles conditions.
Donc, une des premières lois que je ferais adopter par notre Douma serait celle de la validation du nouveau système de Sécurité Sociale.
Mais si je devais être sincère en répondant à la question donnée, j’avouerais que je ne voudrais jamais être président, car son devoir est trop pesant. Néanmoins, si j’avais la possibilité, je réécrirais ma composition en faisant quelques remarques et je l’enverrais à notre futur président qui sera élu dimanche prochain, commençant par les mots de Boris Vian:
Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps…
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